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Georges et Annick QUETIER
Le Sémaphore, N°21
50230 AGON-COUTAINVILLE
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Mortalite Huitres
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Georges QUETIER  a présenté 
une CONFERENCE au CENTRE NAUTIQUE

sur le thème de la "mortalité des huîtres"
le 26 Février 2011 à 17h30
à l'école de voile du Passous, à Agon Coutainville.
 

Nos jeunes huitres meurent chaque année, fin juin, sur 2 ou 3 journées,
en pleine croissance, en pleine santé.

Un virus n'agit pas sur 3 jours par an uniquement.
Un virus touche aussi bien les adultes que les jeunes.
donc ce n'est pas un Virus.
La planète entière est touchée par un phénomène
qui amplifie la fragilité saisonnière des huitres.
Lors de cette Conférence Mr QUETIER a expliqué quantités
de phénomènes complémentaires à ceux développés ci dessous
.

 

Lien hypertexte vers bas de page: ( cliquer sur partie jaune):  En Avril, Culture Marines
a publié 3 articles allant dans ce même sens
.


Exposé de G. Quétier sur les MORTALITES
de JUIN 2008, 2009 et 2010 subies par les huîtres Gigas.

 

Tout d’abord quelques notions de base
concernant le gaz carbonique (CO2) et l’oxygène(O2)
 

           

Synthèse chlorophyllienne : (végétaux terrestres ou marins).
CO2 + H2O+E => Hydrates de carbone + O2 (E est l’énergie fournie par les photons du soleil.)
Hydrates de carbone= sucres tels le glucose, le glycogène (huîtres), l’amidon ( pomme de terre).

 

Respiration–combustion ( réaction inverse)
Hydrate de C+O2=> gaz carbonique+eau+ E (où E est l’énergie servant au vivant pour qu’il assume ses missions).

 

Source de l’Azote.
L’air contient en poids 25% d’oxygène et 75% d’azote. Mais cet azote est inerte, biatomique.

Dans la nature des bactéries présentes, dans l’eau et dans le sol, cassent la molécule N2 et incorporent l’azote monoatomique, actif, dans le cycle de la vie.
Ces bactéries sont abondantes dans les racines des légumineuses telle le trèfle ou la luzerne.

Jusqu’en 1910 ces bactéries étaient, avec les déjections animales (urine, lisier, guano), les seules sources d’azote actif.

A cette date Fritz Haber met au point un procédé de synthèse de l’ammoniac (suivi plus tard par celui de Georges Claude).

L’ammoniac NH3 devient alors une source considérable d’azote actif et permet  le développement d’une énorme industrie productrice d’engrais, d’explosifs, de colorants et de plastiques (ex . mousses polyuréthanes).

(Grâce aux engrais chimiques la population humaine a pu croître en un siècle de 1,5 milliard à 7 milliards.)

Quand à la production d’engrais azotés elle s’élève actuellement à 110 millions de tonnes.

                     

                                            Cycle de l’élevage des Huîtres.

 

Années

Année  O

Année 1

Année 2

Année 3

Période

Juillet-août

mars

mars

mars

Age

Gamètes

« 6 mois »

« 18mois »

« 30 mois »

Dénomination

Collecteurs

gratis

garniture

Pré adultes

La pousse de l’huître se fait principalement au printemps et en automne. En hiver l’eau est trop froide (vitesse de réaction lente) et en été, dès que la température s’élève la solubilité de l’oxygène chute et sa faiblesse limite et régule la croissance, la pousse.

 

                                                Ecloseries

Production de naissains plus ou moins pré-grossis, après tri sur tamis : T3, T4, T5 etc. 

                           Diploïdes           2n chromosomes.
      - Ne pas confondre « gènes » et « chromosomes »,
      - ni « triploïdes » avec « génétiquement modifiés »                                               

      Triploïdes      
      Tétraploïdes

 =      Polyploïdies

Petit à petit l’écloserie à pris le pas sur le captage naturel.

Pourquoi ?

Deux raisons :

            1) le naissain d’écloserie est fourni « un à un », ce qui évite le détroquage.
            2) le captage naturel est en crise.(ex dans le bassin d’Arcachon).

Un article de Cultures Marines de juillet-août 2010 par Hélène Scheffer évoque les « perturbateurs endocriniens ». 

Mortalités d’avant juin 2008.

 Ce furent des mortalités essentiellement « estivales ». Etudiées par l’Ifremer dans le cadre d’un programme baptisé Morest entre 2001 et 2004.

Je cite Henri Grizel, ex Directeur du laboratoire de l’Ifremer à la Tremblade : « ..ces mortalités étaient relativement peu importantes, dispersées…ne retenant pas trop l’attention…les huîtres mouraient ça et là… »
(extraits de Conch’Magazine janv-fév 2011)

Effectivement le programme Morest n’a pas suscité beaucoup d’intérêt parmi les conchyliculteurs.

La plus part du temps leurs stocks d’huîtres subissaient des pertes liées directement à des problèmes environnementaux. Mais contrairement à ce qu’assure Henry Grizel, celles-ci étaient quelquefois conséquentes, comme à Utah-Beach (50% pendant la canicule 2003, ), ou à Isigny comme le déclare André Gilles Taillepied, dans Cultures Marines d’octobre 2010 page 30 :
 « Voilà quinze ans que nous déclarons des mortalités massives sur nos huîtres arrivées à taille marchande, avec 50% de pertes sur le cheptel certaines années….des dizaines de prélèvements ont été faits notamment par Ifremer. Nous n’avons jamais eu les conclusions, ni même un début d’explication…que cache-t-on ?…Veut-on protéger encore et toujours les agriculteurs ? »
Et Christophe Lévêque, président du syndicat des ostréiculteurs de la Baie des Veys, ne dit pas autre chose et évoque un « lobby agricole intouchable » (Cultures Marines, même n° d’octobre 2010, page 4, article d’Ingrid Godard).

 IFREMER prétend avoir relié les mortalités observées l’été à la présence du virus HERPES.
Je prétends que jusqu’à présent ses agents n’en ont jamais administré la preuve.

L’été, répétons-le, la température de l’eau augmente et la solubilité de l’oxygène chute (une décroissance exponentielle) et les huîtres subissent,  ça et là, des difficultés respiratoires, pouvant les tuer.

 

Les Nouvelles Mortalités.

L’hécatombe de juin 2008 : « étrange et exceptionnelle ».
Ses caractéristiques sont très particulières :

1) Elle est intense sur les petites :
Environ 70% sur les « 6 mois »,  30% sur les « 18 mois »

2) Elle est brutale, explosive.
Avant et après le phénomène, les pousses des huîtres sont généralement très bonnes.
(voir les articles C.M.fév.2010 et juin-juillet 2010).
 

3) Elle est saisonnière, aux alentours du solstice d’été, en mai et juin.

4) Son étendue géographique est grande.
Elle frappe des secteurs très éloignés les uns des autres et n’ayant pas de relations entre eux pendant son expression. 

Rapport : SURFACE  / VOLUME  ( la signature du milieu / ANNEXE I)
L’intensité de la mortalité sur les petites constitue ce que j’appelle la « signature du milieu ». Elle est en effet la conséquence évidente de conditions environnementales très défavorables

Considérons deux cubes :

- Le premier a 1cm de côté. Sa surface est six fois la surface d’une de ses faces soit 6cm2. Son volume est de 1cm3. Et son rapport surface /volume est de 6/1 par cm.

- Le deuxième a une dimension dix fois plus grande. Son côté est de 10cm.Sa surface est égale à 600cm2 et son volume à 1000cm3. Son rapport surface sur volume est de 600/1000 par cm
( soit 6/10 ), donc un rapport dix fois moins important que pour le premier.
      

   

Cet exemple, aussi simple soit-il, illustre cette évidence que, plus un corps est petit, plus sa surface relative de contact avec l’extérieur est grande et plus les échanges qu’il entretient avec le milieu sont relativement intenses :
Quand ces échanges sont favorables le petit individu pousse plus vite que le grand, et quand le milieu est toxique, il est le premier à en pâtir.

(Mathématiquement : F=S/V et quand V tend vers zéro, F tend vers l’infini).

 

Cette influence du rapport « surface sur volume » est une constance de la nature qui trouve son expression dans une infinité de situations :

     - Influence du rapport « section/poids » dans le muscle
         (comparaison du vol du vautour et du moineau ; du saut de la puce et de l’homme)

     - Rapport « surface/volume » chez la baleine et la protection contre le froid.

     - Ebouillantage des huîtres adultes pour tuer le captage de petites huîtres ou de petites moules.

     - Choix de super-tankers pour limiter les pertes d’énergie relatives au transport du pétrole.

     - Forme des feuilles, des thalles de laminaires et forme des fruits, longueur des jambes des Hominidés.

                        Etc.

 

PREMIERES REACTIONS A CES MORTALITES EXEPTIONNELLES

Chez les ostréiculteurs normands:

 Deux réunions à Gouville : 

- Le 9 juillet 2008 , (huit jours après l’apparition de la mortalité).

- Le 13 août. Un mois et demi plus tard.

Affluence : environ 250 conchyliculteurs
                             Nombreux élus.
                             Représentants de l’Administration.
                             Représentant de l’écloserie Satmar.

           Pas de Presse : Interdite à la réunion ! 

a) Position de L’Ifremer : la responsabilité d’un virus est privilégiée.

b) Contestation violente d’un collègue de la Baie des Veys.

c) Contestation technique de G. Quétier :

            1) J’expose quelques éléments de mon expérience (fondation de l’ostréiculture sur la côte ouest du Cotentin, voilà plus de 40ans, et première importation de naissain japonais.)

            2) J’explique le rôle du rapport « surface/volume » pour expliquer que la mortalité frappe surtout les petites.

            3) J’affirme qu’il est important de connaître la qualité de l’eau de mer baignant nos huîtres pendant qu‘elles crevaient et je demande à l’Ifremer quelles sont les mesures dont il dispose. Une responsable du laboratoire de Port en Bessin, Aline Gangnery, m’apprend alors que L’Institut possède une balise qui mesure en permanence la température de l’eau, son ph, sa salinité, sa teneur en oxygène et que cette balise est dans la Baie des Veys.
(un emplacement bien peu représentatif de la qualité des eaux de culture normandes).
A ma question :
« Avez vous corrélé les résultats fournis par cette balise aux mortalités observées ?»
Mme Gangnery me répond : « Nous ne l’avons pas encore fait, mais nous le ferons ».
Nous étions le 13 août, un mois et demi après l’épisode mortel ! Manifestement ce genre de travail n’intéressait pas l’Ifremer !

            4) Toujours au cours de ces deux réunions, j’ai affirmé que je restais persuadé que nos naissains, ayant poussé de façon exceptionnelle au printemps, ne sont morts que des conséquences d’une asphyxie du milieu marin et non des suites d’une maladie.

Plus tard j’ai découvert en lisant  le P.V. de nos réunions que mes interventions avaient été tout simplement passées sous silence (censure !).

 Le choc dans les médias

 1) Premier article dans Ouest-France (O.F.) du 12. 07.08, signé Cosquéric :

Il titre « Les huîtres meurent l’estomac trop plein ». Voilà qui équivaut à déclarer qu’elles sont mortes par cause d’eutrophisation (l’étymologie grecque donne « eu » pour « bien » et « trophi » pour nourrir ou nourriture).

 2) Article du Figaro du 11.07.08 :

« Les huîtres françaises menacées d’une maladie mystérieuse…en quelques jours entre 40 et 100% des jeunes huîtres de tous les bassins français du Nord à la Méditerranée ont été décimés… » 

3)Article de la Manche Libre du 2 août 2008 : Titre : « La piste climatique ».
 

4)Articles du Monde du dimanche 17 et du lundi 18 août 2008.

En première page et en pages internes.

Deux journalistes interviennent :  

- La première est en charge des problèmes environnementaux au Monde : Christiane Galus.
Elle choisit clairement l’explication par l’eutrophisation en présentant de nombreuses citations de trois spécialistes : Robert Diaz, Rutger Rosenberg et Romana.

L’eutrophisation est attribuée, par l’auteur et les scientifiques qu’elle cite, aux engrais et rejets agricoles.

- La deuxième est déléguée par le journal à Blainville : Laetitia Clavreul qui interroge :

            Françoise Leroux.(conchylicultrice).
            Richard Jaunet (gérant d’un groupement d’employeurs)
            Georges Quétier.
            Jean Claude Cordier (conseiller en conchyliculture)
            Louis Tessier (Vice-Pt de la S.R. C.)

 
Les témoignages recueillis par Laetitia Chavreul font état de la brutalité et de l’intensité du phénomène mortel et confirment les déclarations précédentes du Figaro.  
Elle cite L’Ifremer  « qui privilégie la piste OSHV1 »

 

          L’EUTROPHISATION

 Les nitrates qui sont introduits dans les mers en augmentent grandement leur fertilité.
Le plancton végétal croît rapidement, tout comme le plancton animal qui s’en nourrit.
Quand le milieu est favorable le phénomène s’emballe,
on parle d’«efflorescence » ou de « bloom » planctonique.
Il n’y a plus assez d’oxygène pour entretenir la vie d’une population pléthorique.
Le plancton asphyxié crève et avec lui quelques varechs flottants ça et là dans la mer.
Leurs cadavres sont digérés par des bactéries consommatrices d’oxygène de telle sorte qu’une réaction en chaîne se met en place :

Les organismes vivants sont asphyxiés et les déchets de leur décomposition tombent au fond. Et des produits toxiques sont émis.
Le rôle des courants de marée, faibles en période du solstice,est néanmoins important,
tout comme l’est celui des vents d’amont ramenant les eaux asphyxiées
du fond en surface
selon le schéma ci-joint.   (« Upwelling des auteurs anglo-saxons »).

 Après la période explosive destructrice, la vie reprend ses droits. Le plancton réapparaît et se développe à nouveau et les huîtres rescapées reprennent leur pousse.

Puis, bien que la température de l'eau ait augmentée, nous sommes en juillet, la solubilité de l’oxygène a diminué fortement de telle sorte que sa concentration, qui reste faible, régule la production du plancton qui maintenant ne peut plus s’emballer.

Ainsi l’eutrophisation reste un phénomène saisonnier, brutal et fugace. 

La mortalité des huîtres aux mois de juin des trois dernières années est bien conforme à cette description de l’eutrophisation. Elle n’a rien à voir avec les mortalités précédentes répertoriées au cours du programme MOREST (MORtalités ESTivales) d’Ifremer : au lieu de quelques huîtres asphyxiées « ici ou là », c’est tout un milieu qui est atteint par le manque d’oxygène (hypoxie) et qui devient le siège de mortalités massives.

Toutes les spécificités citées ci-dessus concernant le phénomène mortel se trouvent expliquées :

 1) Attaque préférentielle des petites huîtres : « signature du milieu ». 

2) Excellente croissance des naissains, avant puis après, la réaction mortelle,
 car l’eau est riche en plancton.
                 
 3) Episode avoisinant le solstice d’été, période de faibles marées
et d’un ensoleillement favorable.

4) Grande répartition géographique du phénomène en un temps relativement réduit expliquée par l’existence, en des endroits éloignés les uns des autres, des mêmes conditions environnementales.

En passant, soulignons encore que la plus part des spécialistes attribuent comme cause essentielle de l’eutrophisation, l’agriculture intensive, notamment la culture du maïs et l’élevage des porcs.

Ainsi, par exemple, dans leur article : « Réduire la pollution par l’azote » publié dans « Pour la Science » de juillet 2010 ; les auteurs Alan Townsend et Robert Howarth écrivent : « La moitié de l’Azote fourni aux champs est perdue dans l’atmosphère (sous forme d’ammoniac et d’oxydes d’azote) et dans l’eau sous forme de nitrates. »

 

LES EXPLICATIONS DE L’IFREMER : UN VIRUS « PEDOPHILE »

 Essayons de résumer et de condenser ce que l’on apprend ça et là en lisant, dans la presse professionnelle, les déclarations de responsables Ifremer :

 « Un virus OSHV1, (premier virus herpès ostréicole) trouvé depuis 1990 dans les huîtres, et notamment pendant les études MOREST de 2001 à 2004, a muté en mai et juin 2008 ».

« Au lieu de s’attaquer, ici et là, aux huîtres, petites ou grandes dès que la température atteignait 19°(l’été), comme il le faisait avant sa mutation
, il se précipite maintenant sur les huîtres, mais seulement sur les petites » (il est devenu pédophile !). « Dès que l’eau est à 16°, il en fait un véritable carnage. Quand son appétit lubrique se trouve rassasié, il se calme pendant un an pour reprendre son activité répréhensible aux mois de mai et juin de l’année suivante. »

 Voilà tout de même un scénario compliqué qui apparemment n’engendre pas l’adhésion de tous les ostréiculteurs. 

Car enfin, jamais dans la nature un pathogène quel qu’il soit ne s’est conduit ainsi. 
Quand une épidémie de peste choléra, tuberculose, typhus, diphtérie, fièvre aphteuse, ou que sais-je, frappe une population, ce sont tous les individus qui sont touchés, petits ou grands jeunes , adultes ou vieux, et ceci toute l’année.

Quand la creuse Portugaise a été touchée dans les années 1970, toutes les huîtres crevaient, toute l’année, naissains ou adultes sans exception.

Il en fut de même avec les maladies des Plates…. 

A l’appui de sa thèse, l’Ifremer avance que « le virus Herpès a été trouvé dans toutes les huîtres mortes ou moribondes et pas du tout dans les huîtres vivantes ».

Comme je l’ai déclaré dans Cultures Marines, n° de septembre 2008, (article signé Ingrid Godard), « trouver un virus et prouver qu’il est responsable d’une maladie sont deux choses différentes. »

Tout le monde comprend que, quand un organisme est sur le point de mourir, ses défenses immunitaires peuvent s’écrouler et le laisser en proie à des pathogènes avec lesquels il cohabitait jusque là paisiblement.

Ainsi le OSHV1 envahit les huîtres empoisonnées par l’eutrophisation, et l’Ifremer prend une conséquence pour une cause. 

Un chien écrasé par une auto gît dans le fossé. Au bout de quelques jours des vers apparaissent sous sa peau. Que penserait-on d’un observateur qui jugerait que ce sont les vers qui l’ont tué ?

 

 Solutions Préconisées par Ifremer pour sortir la profession de sa crise.

 Sélection d’huîtres résistantes baptisées « R »

L’institut utilise pour sa sélection d’huîtres « résistantes », des individus issus de son programme Morest : des triploïdes ayant résisté le mieux aux mortalités 2001-2004.

L’ennui est que justement les triploïdes se sont montrées les plus atteintes par les mortalités de mai-juin 2009, comme montre le tableau publié par Cultures Marines de février 2010, qui le sous-titre : « Phénomène nouveau par rapport à Morest, en 2009 le naissain triploïde a beaucoup moins bien résisté que le diploïde ».

Ce tableau rassemblait tout de même des résultats observés sur 13 sites allant de la baie des Veys-Geffosse à l’Etang de Thau-Marseillant Est, dont la Côte Ouest-Cotentin-Blainville Nord (avec, dans ce site, 32% de mortes diploïdes contre 87 % de triploïdes).

 

 Résultats obtenus avec ces Huîtres résistantes « R »

Ces huîtres, « naissains salvateurs », ont été livrées à la profession dès septembre 2010. Elles devaient faire leurs preuves en mai-juin 2011, dès l’apparition de la mortalité sur les naissains.

Hélas, dès novembre 2010 certains résultats catastrophiques ont été observés. La période de livraison était pourtant favorable, indemne jusque là des mortalités catastrophiques dues au virus pédophile.

- A la Bernerie en Ré, un ostréiculteur déclare :
« Le 7 octobre, j’ai rentré un lot d’huîtres résistantes . Le 1er novembre, on était déjà à 20% de mortalité », (Cultures Marines de décembre 2010).

- Jean Pierre Buisson écrit en novembre dans Ouest-France : « le plan de réensemencement en huîtres stériles, fournies par Ifremer, est en passe de capoter… »

- Goulven Brest, Président du Comité national de la conchyliculture, déclare :
« Nous venons de demander à l’Etat et aux scientifiques de le stopper immédiatement. Ce plan vire à la catastrophe. Les naissains d’huîtres R meurent dans les écloseries et ceux qui ont été semés en Poitou-Charentes depuis quatre semaines ne survivent pas ou très peu…. » 

- Dans Cultures Marines de décembre 2010, le Président précise :
« On devait produire entre 1,5 et3 milliards de naissains R (résistants), finalement seul 1milliard est atteint, et sur la moitié distribuée aujourd’hui une partie crève ». 

- Dans le même numéro, Henry Renan, Président du Comité de Survie de l’Ostréiculture, déclare au sujet du plan de sauvetage d’Ifremer : « C’est une véritable escroquerie ! ».

 

Autres pistes proposées et expérimentées

Augmenter la densité d’huîtres dans les poches et pose de celles-ci dans les parties hautes de l’estran (exondation). Résultats, positifs ici, négatifs là. « Ils partent dans tous les sens » écrit Solène Leroux dans Cultures Marines de Février 2011.

A court d’idées des responsables d’Ifremer semblent bien vouloir donner des leçons à profession :

-  Henri Grizel, ex Directeur du Centre des Laboratoire de La Tremblable, déclare dans Cultures Marines mai 2010 : « depuis 15ans, la profession aurait oublié les bonnes manières ». Il dénonce « les densités phénoménales mises à pré-grossir ».

- Dans Conch’Magazine de janvier-février 2011, il écrit « il convient de revenir à des méthodes plus fondamentales…de respecter les densités et la biomasse… »

 Ceux qui, comme ce chercheur, préconisent de diminuer la densité des élevages, seraient bien en peine d’expliquer pourquoi, alors qu’à Blainville une grande partie des parcs était vide en mai 2010 (mortalités précédentes obligent), l’hécatombe de juin dernier a été aussi intense que celles des années précédentes.

Et nous assistons trop souvent au délire de déclarations scientifiques diverses péremptoires, comme celles-ci :

« Il faut créer des hybrides pour faire face à la dégénérescence de l’huître » (Guy Lebrun, ingénieur en aquaculture marine, Cultures Marines février 2010).

« Est-il possible d’identifier des gènes qui résistent ?…et pourquoi le virus tue-t-il uniquement les naissains en épargnant les adultes ? » (Professeur Mathieu de l’Université de Caen). (Ouest-France du 19 septembre 2010).

Une vraie question se pose :
pourquoi l’Ifremer s’est-il, dès juillet 2008, fourvoyé dans son explication virale
et pourquoi persévère-il dans son erreur ?

1) Une raison culturelle vient immédiatement à l’esprit : depuis la création de L’ISTPM devenu ensuite l’IFREMER,  (par fusion avec le CNEXO), les chercheurs de l’Institut se sont appliqués, avec succès, à traquer les germes de toutes sortes, nuisibles à la salubrité de nos coquillages,
( colliformes et streptocoques fécaux, salmonelles, dynophysis, alexandriums etc.)
 et à la santé des élevages eux-mêmes,
(mise en évidence de pathogènes tels l’iridovirus, le Martellia ou le Bonamia).

Mais ils ont ainsi, trop souvent oublié que nos élevages vivent dans des milieux soumis aux aléas d’un environnement mobile et changeant et qu’il est important d’en étudier et mesurer les variations.

            Ainsi Henri Grizel, interrogé par Hélène Scheffer, déclare dans Cultures Marines de mai 2010 : « Quant à l’environnement, salinité, température, pluie, sont des paramètres qui nous échappent… ».
Ces paramètres échappent d’autant plus aux scientifiques de l’Ifremer que ceux-ci, comme on l’a vu, refusent de les prendre en compte.

2) Une autre raison : politique,
 celle là, compréhensible, sinon légitime, s’est  vraisemblablement imposée.

            Chacun connaît l’importance de l’agriculture dans notre pays.

Pour des questions humaines et économiques que chacun peut comprendre, le lobby agricole s’est manifesté au sein du « Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Cultures Marines ».

            Quand les premières mortalité dévastatrices des naissains sont apparues en mai et juin 2008 et que les journalistes et beaucoup d’observateurs ont attribué , comme nous l’avons relaté, ce phénomène à l’eutrophisation, le Ministère, on peut l’imaginer, a fait parvenir, là où il le fallait, des consignes précises :  Surtout ne mettez pas l’Agriculture en cause !!!)

Et cette consigne a bien dû être suivie, à la lettre. 

LES VRAIS RESPONSABLES DE L’EUTROPHISATION :
Les  
OXYDES D’AZOTE

Pourtant les choses ne sont pas si simples.

On comprend que dans des milieux peu ouverts, ou proches de rejets agricoles intenses, tels, en Europe, la mer Baltique, le Kattegat, certains fiords norvégiens, le nord de l’Adriatique, la Baie de St Brieuc etc., l’influence des apports provenant des rivières soit prépondérant.
Mais dans des systèmes ouverts tels la côte ouest du Cotentin cette influence ne semble pas à priori, déterminante. 

Chaque année 4 milliards de tonnes de Pétrole sont consommés dans le monde.
La moitié, soit 2 milliards de tonnes, est brûlée dans les moteurs à explosion des automobiles, camions, avions et navires.
Cette consommation utilise, 6 milliards de tonnes d’oxygène, et entraîne avec cet oxygène, 18 milliards de tonnes d’azote atmosphérique dans les chambres d’explosion des moteurs (ANNEXE III).

Cet azote est craqué, au cours de l’explosion, par la température et la pression qu’il subit dans ces chambres des moteurs thermiques.

Heureusement cet azote, qui passe ainsi de l’état biatomique, inerte, à l’état atomique ultra réactif, se re combine en majeure partie en N2, immédiatement dès sa sortie de la chambre d’explosion.             

Mais une petite fraction attaque les molécules de gaz carbonique et d’eau, issus de la réaction et produit des oxydes d’azote qui s’échappent dans l’atmosphère.

Ils ne font qu’y passer, car les pluies les entraînent dans les mers et les océans où ils s’installent sous forme de nitrates.

Il paraît hautement probable que le réchauffement climatique soit responsable d’une augmentation des pluies, entraînant toujours plus rapidement dans la mer, ces oxydes d’azote.

Quant au « Ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement », il publie une « fiche sur les oxydes d’azote » où l’on peut lire :

« D’après le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etude de la Pollution Atmosphérique), en 2008, les oxydes d’azote étaient principalement émis par :

-  les transports sont responsables d’environ 52% des émissions,
-  suivis par le secteur de l’Agriculture et sylviculture avec 14% des émissions,
-  et le secteur de l’industrie manufacturière 12%,
-  la transformation d’énergie et le résidentiel- tertiaire avec chacun 8% des émissions ? 
»

       


Certaines statistiques sur la pollution ou la teneur en CO2 dans l’air semblent rassurantes, mais elles ne traduisent pas forcément une diminution des pollutions émises car l’augmentation de la pluviométrie, due au réchauffement climatique, précipite ces pollutions dans les océans, plus rapidement que par le passé, leur présence dans l'atmosphère y étant raccourcie, les taux de pollutions relevés ne peuvent plus servir de référence pour la santé des océans.

 Ainsi on peut être pratiquement certain que l’eutrophisation, dont nos huîtres sont victimes, a pour origine l’excès de consommation des combustibles fossiles par les moteurs à explosion qui font partie de notre vie de tous les jours.

Quelles solutions peut-on préconiser, immédiatement et à long terme ?
 

IMMEDIATEMENT

          En mai et juin en attente du phénomène mortel, il semble essentiel d’étudier le milieu dans lequel il va apparaître.

            Il faudrait mesurer, jour après jour, la température de l’eau, son ph, sa salinité sa teneur en oxygène. Prélever des échantillons pour y analyser d’autres paramètres comme la teneur en nitrates, la richesse en plancton etc.

            Il serait judicieux d’associer les conchyliculteurs à ces travaux en utilisant les bonnes volontés qui ne manqueraient pas de se manifester.

            En parallèle, des relevés météo seraient indispensables : pluie, ensoleillement, direction et force du vent.

            Il faudrait détecter l’apparition de la mortalité sur quelques poches témoins placées à l’avance dans des endroits judicieusement choisis. Et alerter aussitôt la profession afin que les collègues puissent sortir à temps, leurs huîtres des zones polluées.

            En même temps on pourrait procéder à des essais d’aération sur les parcs eux-mêmes.

            Dès la fin du phénomène, la profession serait alertée, afin qu’elle puisse replacer ses huîtres en mer sans perdre de temps.

            Très important serait de prévoir la reprise de la livraison de naissain dès le mois de juillet quand l’eutrophisation est terminée.

A LONG TERME

Utilisation de véhicules électriques !

Ne plus produire d’électricité par combustion de combustibles fossiles !

 

 

Extrait du journal "Le Monde" de 18 Aout 2008

Texte agrandi de cet article:
"On les appelle les "Zones mortes". Ces régions côtières se vident en effet de vie,
peu à peu asphyxiées par la croissance excessive d'algues microscopiques,
dont les restes font les délices de bactéries qui "pompent" l'oxygène présent dans l'eau.
Depuis un demi-siècle, ce phénomène d'eutrophisation s'est considérablement aggravé,
indique une étude publiée dans le dernier numéro de la revue Science:
chaque décennie, depuis les années 1960,
la surface des "zones mortes" a doublé, pour atteindre désormais 245 000 km2"  etc..

En France l'étude publiée dans Science distingue 20 "zones mortes",
principalement dans les estuaires et les lagunes côtières.
Mais le processus d'eutrophisation y est "épisodique, périodique ou saisonnier, et peu important",
estime Alexandre Romana, responsable de l'environnement côtier à l'Ifremer.

***************


    Copie de mon courrier du 18 Aout 2008
    auquel aucune suite n'a été donné

             J’ai exprimé aux réunions de Gouville des 9 juillet et 13 août 08 ce que je pensais de la mise en cause
par Ifremer d’un agent pathogène dans la mortalité des huîtres, fin juin.

            Je persiste à affirmer qu’elles sont mortes d’asphyxie, en pleine santé, en pleine pousse, dans
des conditions bien éloignées d’une faiblesse que je ne sais quel virus leur aurait infligé.

Liens entre température et teneur en oxygène

             Je rappelle tout d’abord que quand la température de l’eau de mer monte, sa teneur en oxygène baisse,
et qu’il n’y a pas entre ces deux paramètres une relation linéaire mais exponentielle.
Autrement dit quand la 1re monte, la 2ème s’écroule rapidement jusqu’à tendre vers zéro.

            On a évoqué au cours de ces deux réunions de Gouville , une élévation de quelques degrés.
C’est de toute autre chose dont il s’agit !

            J’affirme avoir observé, fin juin, dans la mer des températures bien plus élevées  et des témoignages
de pêcheurs à pied et de baigneurs confirment mes observations : l’eau de mer sur nos rivages,
certains jours de juin, était bien souvent tiède ( peut-être à 30 degrés ), c’est à dire bien peu oxygénée.

            Or les huîtres, comme  la plus part des êtres vivants, respirent et sont extrêmement sensibles
à un manque d’oxygène.(voir annexe n°1 )

Captation de chaleur solaire et désoxygénation

Les centaines de milliers de poches à huîtres, noires, présentes dans le bassin de Blainville-Gouville
constituent, quand elles sont faiblement immergées, ce qui est le cas en fin de périodes de mortes
eaux ou en début de marées de vives eaux, de très puissants capteurs solaires qui transmettent à l’eau
 de mer la chaleur qu’ils reçoivent.

Ce captage est accentué par la présence d’algues sédentaires qui se fixent sur les poches et
s’y développent, ainsi que par la présence d’algues nomades qui, après avoir été arrachées
aux rochers par les coups de vent (ce fut le cas fin juin) flottent librement, quelques fois en une purée
d’eau de mer tiède, avant de venir s’échouer en masse sur le rivage
comme je l’ai constaté le dimanche 29 juin.

Turbulences dans l’eau de mer

En fin de périodes de mortes eaux ou en début de marées de vives eaux., quand, en été,
 la chaleur est lourde, la brise de mer et les vagues inexistantes, l’eau chaude flotte sur les
couches plus froides et plus denses et aucune turbulence ne vient  ré oxygéner les huîtres en train de s’asphyxier.
Ce phénomène s’amplifie encore si la salinité des eaux de surface est faible comme c’est souvent le
cas dans la Baie des Vey ou après de fortes pluies d’orage.

En revanche, en périodes de vives eaux, les huîtres sortent de l’eau à marée basse, leur liquide
inter valvaire se réapprovisionne en oxygène et elles ne s’asphyxient pas.

Mortalités des petites huîtres
et des huîtres plus grosses

J’ai fait remarquer, lors de la réunion de 9 juillet, 
que le taux de croissance des petits naissains était fabuleux.

Leurs besoins en oxygène sont du même ordre, bien supérieurs à ceux des huîtres plus grosses.

 Une simple considération d’une universelle banalité mène à la même conclusion :    

Les besoins en oxygène de l’huître concernent toutes ses cellules,
c’est à dire tout son volume ( le cube de sa taille),
alors que les moyens permettant de les satisfaire (apports en oxygène) dépendent de la partie
 de l’huître en contact avec l’eau de mer, c’est à dire de sa surface( le carré de sa taille)

Il en résulte que le rapport « surface sur volume » ( « carré sur surface ») est très favorable aux
petites huîtres pour des échanges positifs avec le milieu, et très défavorables lorsque c
es échanges sont négatifs (exemple : en absence d’oxygène).

Une formulation mathématique très simple résume cela : R= f (S/V)  = f (1/r)  "r" étant le rayon
(si l’individu est sphérique) ou la taille (s’il ne l’est pas) .

Quand "r" tend vers zéro : cas des très petites huîtres : le rapport surface / volume tend vers l’infini
et l’individu très petit est infiniment sensible aux échanges avec le milieu ..

Et voilà pourquoi les petites huîtres crèvent plus que les plus grosses dans ce milieu particulièrement
 hostile que constitue, pour la vie animale, une mer insuffisamment oxygénée! (voir annexe n°2)
 


 

La preuve scientifique qui désignerait
le responsable des mortalités

 La preuve magistrale, celle que l’on ne peut remettre en cause serait la reconstitution en laboratoire
des conditions observées dans la nature et la reproduction au cours de cette expérience in vitro
des mêmes mortalités constatées in situ.

Nos scientifiques, pour le moment ne nous fournissent pas cette démonstration.

Le peuvent-ils ?

Il aurait fallu pour cela qu’ils aient d’abord  accès à des données essentielles
concernant l’état de l’eau de mer qui baignait nos huîtres pendant qu’elles crevaient : température,
teneur en oxygène, salinité, turbidité, ph, potentiel d’oxydoréduction.

Hélas, un mois et demi après la catastrophe de fin juin, Aline Gangnery, responsable
au centre d’Ifremer de Port en Bessin des études sur l’environnement nous a annoncé lors
de la réunion du 13 août que les scientifiques ne disposaient, pour toute la Normandie, que
d’une seule balise de mesure et d’enregistrement des paramètres que je viens de citer.

 A ma question : « les résultats obtenus ont-ils été corrélés aux mortalités constatées »
il m’a été répondu : « pas encore mais cela sera fait » !

Manifestement Ifremer ne semble pas se soucier de ces résultats.

Ses scientifiques se sont lancés, inconsidérément et tête baissée, dans la recherche
d’un éventuel pathogène et ils explorent ainsi l’infinie variété des organismes vivants peuplant
nos océans : virus (80 espèces rien que pour l’Herpès), bactéries, algues etc. 

 Pour le moment ils s’intéressent  à un Herpès Virus qui paraît-il cohabite avec les huîtres depuis
des millions d’années et se serait subitement réveillé ( !!!)

Ils en ont gavé des huîtres gigas jusqu’à les faire crever et les  explications  qu’ils nous  fournissent
jusque là sur ces manipulations ne paraissent pas convaincantes.

Apparemment le rédacteur de la note qui nous a été transmise avec notre convocation à la dernière
réunion semble bien partager cette opinion : n‘écrit-il pas, page 2, en conclusion du § b traitant des
manipulations sur le pathogène OsHV1 : 

« Ces éléments semblent (sic) indiquer une éventuelle(sic) relation entre la quantité de virus
et le déclenchement de la mortalité ».

Ainsi je reste persuadé que l’implication de ce fameux virus dans la mortalité de
nos huîtres reste totalement à prouver.         

Les remèdes qu’il faudrait mettre en œuvre pour que la catastrophe
de Juin ne se reproduise pas.

Puisque nous avons tout lieu de croire que nos huîtres sont mortes asphyxiées, il serait bon
dès maintenant de prévoir des dispositifs pour prévenir un retour de la catastrophe.

Par exemple :

L’imposition la poche de couleur blanche pour les élevages de naissains.

Une aération collective des bassins de production qui pourrait être mise en œuvre  dès que les
conditions deviennent critiques.

Les conditions météorologiques actuelles sont favorables : Ensoleillement et températures
inférieures aux moyennes de saison, atmosphère agitée par des dépressions venant du Proche Atlantique
… ce n’est certainement pas une raison suffisante pour rester passifs en espérant que la malchance ne
frappera pas une nouvelle fois notre profession en tuant les huîtres qui jusqu’ici ont été épargnées ?

Annexe n°1 

Les huîtres, comme du reste les moules, peuvent vivre longtemps hors de l’eau même sous des
 températures relativement élevées ; leur liquide inter valvaire est alors en équilibre avec l’atmosphère
qui lui apporte l’oxygène dont elles ont besoin pour respirer. En revanche, si ces coquillages sont placés
 dans un bassin non aéré, elles vont rapidement crever.

La mortalité dans ce cas, dès qu’elle apparaît, se développe de façon foudroyante  car la chair
morte  est fortement réductrice et consomme le peu d’oxygène restant entraînant l’asphyxie de tout le bassin.

Ces phénomènes sont bien connus des mytiliculteurs qui doivent stocker des moules en grappes
 dans leurs réserves sur l’estran ou dans leurs bassins.

Annexe n°2

Pour ceux que toute formulation mathématique rebute,
je rappelle que la variation du rapport Surface / Volume 
 en fonction de la taille des individus explique de façon universelle :

Pourquoi la vautour vole moins facilement que la moineau

Pourquoi la baleine est  protégée du froid arctique.

Pourquoi la taille des pétroliers est importante afin d’ en limiter la consommation relative.

Pourquoi nos collègues d’Arcachon ébouillantent leurs huîtres adultes –grosses- afin de tuer les 
huîtres –très petites qu’elles ont capté dans la saison.

Etc. etc. 

Extraits de Cultures Marines

N° 275 d'Avril 2014

 

 

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Dernière mise à jour :
 mardi 03 janvier 2017